Marie Bracquemond s'est formée auprès du géant de la peinture Jean-Auguste-Dominique Ingres, dans la stricte tradition classique, jusqu'en 1874. Puis tout a changé. Cette année-là, Edgar Degas a remarqué son travail au Salon et lui a présenté Renoir et Monet, la faisant entrer directement dans le cercle impressionniste qui se constituait autour d'eux. Elle a décrit ce bouleversement presque comme une éclaircie soudaine : « C'est comme si une fenêtre de votre maison s'était brusquement ouverte et que le soleil et l'air frais s'y étaient engouffrés. » Marie a participé à trois des huit grandes expositions impressionnistes, présentant ses oeuvres lors des quatrième (1879), cinquième (1880) et huitième (1886) expositions du groupe.
Son mari, le graveur Félix Bracquemond, ne lui a apporté que peu de soutien. Selon leur fils Pierre, il refusait de montrer les peintures de son épouse à leurs invités et s'employait activement à l'empêcher d'exposer, peu disposé à rester dans l'ombre d'une femme dont le talent surpassait le sien. Ce portrait de jardin représentant sa demi-soeur Louise lisant paisiblement dans leur maison des environs de Paris semble être la réponse de Bracquemond à tout cela : une lumière tachetée, une touche libre, un moment de détente totale et sans contrainte, tout ce que sa propre vie domestique semblait lui refuser. C'est l'une des rares peintures de l'artiste aujourd'hui conservées dans une collection publique. Elle a té acquise plusieurs décennies plus tard par l'État français auprès de son fils.
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Marie Bracquemond